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    VOILIER NAVIGATION TOUR DU MONDE MEDITERRANEE GRECE PORTUGAL ITALIE SICILE SYRACUSE
    PALERME SARDAIGNE ILES IONIENNES ILES EOLIENNES CORFOU MYKONOS SANTORIN RHODES
    MESSINE STROMBOLI ETNA CAGLIARI BALEARES MINORQUE MAJORQUE IBIZA CARTHAGENE
    GIBRALTAR ALMERIA ALMERIMAR ANDALOUSIE ALGARVE PORTUGAL ESPAGNE FARO CADIX PORTIMAO LAGOS

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  • La côte espagnole
    Andalousie P1 et Gibraltar

      Par René

     Cliquez sur les photos pour les agrandir.

     

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Bye bye Aguadulce...sans trop de regrets

     

    Le petit mois passé en Belux (contraction de Belgique et Luxembourg) a été profitable à tous points de vue. Nous étions tellement contents de quitter la fournaise andalouse…pour finir dans la canicule luxembourgeoise.
    39 °C au Lux, cela n’était jamais arrivé !
    Pas grave, nous venions d’un entraînement intensif de 3 semaines. La grosse différence, c’est qu’au Lux, les températures nocturnes étaient de l’ordre de 24°C alors que le thermomètre en pleine nuit à Aguadulce affichait 33 °C !
    Petits joueurs va…
    Heureusement, nous avions le lac de la Haute Sûre pour nous rafraîchir.

    La principale raison de notre retour concernait notre appartement en location. En 5 jours top chrono, nous avons réussi à récupérer notre appartement, à le rendre propre malgré son état déplorable et à le relouer. Je vous passe les détails mais pour arriver à ce résultat,  nous avons vraiment dû mettre les mains dans le cambouis et user de persuasion et de ruse pour que notre malhonnête locataire nous remette les clés et quitte les lieux sans trop de dommages.
    Une véritable opération commando.
    Ensuite, nous nous sommes occupés de notre résidence principale où là encore, les travaux de rénovation de façade laissent à désirer tout en délestant le portefeuille des co-propriétaires, c’est-à dire le nôtre entre autres, avec des suppléments non prévus à l’insu de notre plein gré !

    Terminons ce tour d’horizon avec la finalisation des documents comptables et la visite de quelques amis et nous nous retrouvons rapidement sur IDEMO à la mi-août grâce à la bienveillance de Javier, notre voisin espagnol avec lequel nous avons fini par sympathiser. Cela me donne l’occasion d’ouvrir une parenthèse sur nos relations avec les espagnols (de la côte) en général. Nous ne les avons pas trouvé particulièrement engageants, ni très sympas dirais-je. Est-ce la faute au tourisme de masse…
    Il faut montrer patte blanche et avoir du temps. Alors seulement, une relation peut se nouer comme avec Javier, par exemple, qui a fini par nous conduire ET nous rechercher à l’aéroport d’Almeria après de nombreuses discussions et quelques cadeaux.
    Suite à notre aversion pour cette côte espagnole bétonnée, nous décidons de faire une nuit pour rejoindre directement Gibraltar d’un coup. Tout commence bien avec 4 heures de spi avant qu’«Eole » s’en aille vers d’autres cieux pour être remplacé durant la nuit par « Brumus », le dieu du brouillard.
    Entre-temps, vers 16H00, je remarque que les batteries sont faibles alors que nous sommes au moteur. Rapide diagnostic, l’alternateur moteur ne charge plus. Embêtant, d’autant plus que les panneaux solaires ne vont pas charger cette nuit. Le port le plus proche est à 45 nm, nous ne pouvons pas y arriver avant la nuit. Je continue à chercher, vérifie les connections, les coupe-circuits, éteint et rallume le moteur etc… rien n’y fait.
    Et puis, à un moment donné, ça fonctionne à nouveau sans que je puisse donner une explication rationnelle.
    Heureusement, car avec cette bouillasse et la concentration de cargos à l’approche du rail, le radar a fonctionné toute la nuit. En matinée, nous arrivons dans la grande baie d’Algéciras sans rien voir du fameux rocher de Gibraltar en slalomant entre les cargos à l’ancre et ceux qui se laissent dériver avec le courant. Fatiguant cette navigation.

    LA TRAVERSEE DU DETROIT DE GIBRALTAR EN VIDEO

     

     

    Andalousie P1 et Gibraltar

    la vue depuis notre bateau dans la marina Alcadaisa

    Nous rejoignons Alcadaisa marina à La Linea de la Conception, ville frontière avec Gibraltar.
    La marina est sympa, bien protégée et peu chère. Cela tombe bien car il faut vraiment attendre les bonnes conditions pour passer le détroit de Gibraltar vers l’Ouest. Il faut savoir que la Méditerranée est plus chaude que l’Atlantique et que cette évaporation entraîne un courant permanent vers l’Est.
    D’autre part, le vent est canalisé dans cet étroit boyau et atteint régulièrement les 30 kn, c-à-d force 7 alors même que de part et d’autre le vent est de l’ordre de 15 kn.
    D’ailleurs, à mi-chemin du détroit se trouve la ville de Tarifa connue comme spot mondial de planche à voile et réputée pour ses 300 jours de vent à 30 kn !
    Nous voudrions visiter Gibraltar demain dimanche mais on nous a prévenu, il faut obligatoirement un casque pour passer la frontière.
    Enfin si on veut y aller à vélo…
    Comme tous les jours, la queue de voitures est impressionnante. Beaux comme des dieux avec nos casques pliables sur la tête, nous nous faufilons entre les 4 roues.
    Petite particularité, la route traverse la piste d’atterrissage !

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar

    la route traverse la piste d'atterrissage...

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Evidemment un fish & chips s'impose

    Andalousie P1 et Gibraltar


    Dominé par un rocher de 426 mètres, classé réserve naturelle et peuplé de singes, cette enclave anglaise de 6,5 km2 en terre andalouse évoque le Royaume-Uni. Pubs, cabines téléphoniques rouges, fish & chips, bobbies…Cela laisse perplexe.
    Nous avons surtout ressenti un énorme métissage qui fait que la population de Gibraltar parle le dialecte « Llanito », un cocktail britanno-ibérique….
    Avec une telle situation géo-politique, le rocher a abrité dans l’ordre : les derniers Néandertaliens, Phéniciens, Carthaginois, Grecs, Romains, Maures jusqu’en 1462 où il devient possession espagnole…pour peu de temps suite à  une erreur de ces derniers. Ils invitent les Anglais à s’installer à Gibraltar pour lutter contre la piraterie en Med. Les « british » ne lâcheront plus « leur » rocher.
    Le territoire échappe à l’espace Schengen et s’impose comme un paradis fiscal : finance, tourisme, commerce détaxé, jeux de hasard pour une croissance économique forte et un chômage dérisoire.

     Principal point d’intérêt : Upper Rock Nature Reserve.
    Un téléphérique amène les visiteurs au sommet. De là-haut, la vue est splendide.Durant la montée, j’entends des gens qui disent que les singes sont gentils. Pour l’avoir vécu en Malaisie, je leur dis tout de même qu’il faut rester méfiants.

    LES SINGES MALICIEUX DE GIBRALTAR EN VIDEO
     

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar Andalousie P1 et Gibraltar

    tellement humains

    Déjà quelques singes magots peu farouche qui ravissent là un chapeau, là fouillent un sac à dos ou montent sur la tête d’un visiteur imprudent. Un enfant pleure, il a peur.
    Toute la visite désormais se fera en descente, pour peu que l’on ne se perde pas au vu de la faible signalétique, ce qui sera notre cas.
    Retenons particulièrement « St Michaels Cave », un bel ensemble de grottes avec draperies, stalactites et stalagmites ainsi que le « Great Siege Tunnel », creusé dans la roche durant le grand siège espagnol en 1782-1783.

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Great Siege Tunnel

    Voilà une semaine que nous sommes ici et, chaque jour des centaines et des centaines de voitures font la queue pour pénétrer dans ce temple de la consommation à outrance.
    La « main street » rassemble une quantité impressionnante de magasins : spiritueux, tabacs, parfumeries, vêtements etc….Chacun repart avec quelque chose.
    A en donner la nausée.

    Toujours pas de « fenêtre » correcte pour passer le détroit. Nous décidons d’un mini-trip à l’intérieur des terres, dans les montagnes, en espérant y rencontrer la véritable Andalousie.

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar

    A bord de notre limousine de location, une Toyota Aygo de 1.200 cc tout de même, nous nous élançons à l’assaut des montagnes et de la sierra Bermeja par l’itinéraire des « villages blancs » qui va nous mener jusqu’à Ronda.
    Casares, Gaucin, Genalguacil …des villages perchés digne d’un tableau cubiste et des paysages grandioses. Tous ces villages semblent tourner le dos au monde balnéaire et à ses horribles constructions.
    Dans ces patelins où règne une sérénité à toute épreuve, beaucoup d’Anglais séduits par l’architecture andalouse, ont retapé des maisons.
    Evidemment, il n’y a pas beaucoup de commerces mais nous avons fini par trouver et apprécier 2 endroits authentiques où nous restaurer le midi. Rustique, authentique, sans chichis, la vraie Andalousie.

    Andalousie P1 et Gibraltar

    la forteresse de Gaucin

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Casares

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Gaucin

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Genalquacil

    Andalousie P1 et Gibraltar


    Nous arrivons en fin de journée à Ronda, la merveilleuse Ronda. Ici, c’est touristique mais qu’est-ce que c’est beau !
    Cette ville reflète véritablement l’âme andalouse et reste l’une des plus anciennes villes d’Espagne. Le pont, El puente Nuevo, enjambe El Tajo, la faille, plutôt le vertigineux ravin, qui coupe la ville en deux.
    Ronda a été intelligemment aménagée avec des points de vue assez incroyables. Vous y ajoutez de nombreux Palacio que l’on peut visiter, de belles vieilles demeures dans le centre historique, des jardins paysagers, des bains arabes et des musées et vous obtenez une destination très prisée mais qui mérite son succès.
    Nous avions bien arrangé notre coup. En arrivant vers 17H00 et en repartant le lendemain vers midi, nous avons évité le plus gros du flot de touristes qui débarquent par cars entiers…
    J’ai omis de vous dire, car je ne partage absolument pas cette boucherie, que Ronda est la patrie de la tauromachie. C’est ici que l’on édifia les premières arènes et que les règles de la tauromachie moderne furent instituées au 18ème siècle. Avant cette époque, les taureaux étaient utilisés uniquement pour entretenir la dextérité des cavaliers.
    C’était la belle époque pour les taureaux…

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar Andalousie P1 et Gibraltar

    Andalousie P1 et Gibraltar

     

    28 août 2019. Nous avons bien fait d’attendre les bonnes conditions pour passer le fameux détroit de Gibraltar même si la marée et les courants nous ont fait quitter le port à 6H00 du matin soit la pleine nuit à cette époque de l’année.
    Nous slalomons entre les cargos à l’ancre dans cette nuit d’encre…
    Les conditions sont bonnes et pourtant on aperçoit déjà des petits raz, des bouillonnements et des veines de courant. Mieux vaut ne pas passer par ici avec du vent fort contre courant…
    Nous arrivons vers midi à Barbate, la capitale du thon en Espagne.

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  • Sardaigne - juin 2019

    Par René

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    Dans ce coin de Med, les options pour aller vers l’Ouest ne sont pas nombreuses. Le Sud Sardaigne est à 210 nm à l’WNW. Les  prévisions annoncent du SW 3-4 beaufort ce qui nous fait un près serré. Cela ne devrait pas être très confortable mais rapide. Il y a de la grosse houle (encore) et la force centrifuge imposée par le bateau gîté fortement limite nos actions. Pour aller aux toilettes, nous avons l’impression de marcher sur les cloisons…
    37 heures plus tard, nous jetons la pioche devant la plage de Poetto, juste à côté de Cagliari.
    Il est 19H30. Repas et Dodo.
    Le lendemain, l’annexe est à l’eau et nous rejoignons cette immense plage de sable fin, très branchée, pour notre première baignade de l’année, genre « touch and go » car l’eau est à 18°C. Une grande balade  nous amène vers les salines du parco naturale Molentargius. C’est toujours très agréable, après une longue navigation chahutée, d’observer tous ces volatiles survolant l’eau calme et de sentir les odeurs de la terre embaumée par les floraisons printanières.
    Nous voulons faire l’impasse sur Cagliari car nous avons notre compte de grandes villes sauf qu’en ouvrant la cale moteur, nous y trouvons une trentaine de litres d’eau. De l’eau de mer !
    Très vite, nous débusquons le coupable. Le presse-étoupe fuit même quand l’arbre ne tourne pas.
    Gênant, non ?
    Nous contactons la « marina del sole » à Cagliari qui nous accueille. Le ponton est fait de bric et de broc est placé dans l’immense darse du port commercial. Pas très protégé tout ça si le Mistral devait se réveiller.
    Nous sommes vendredi après-midi et rendez-vous (le mot est trop fort mais je n’en trouve pas d’autre) est pris pour mardi à une heure indéterminée afin de sortir le bateau de l’eau avec une grue…encore une première.
    L’organisation du chantier de la « marina » est à l’image de ses toilettes : bordélique.
    Mais tout le monde est très gentil, c’est familial.

    Sardaigne - juin 2019

    Sardaigne - juin 2019


    Autre problème, la girouette ne fonctionne plus. Sabine va devoir une fois de plus s’envoyer en l’air pour la démonter afin que je puisse la réparer. La girouette pas Sabine je veux dire. Nous utilisons la drisse de spi et en secours, la balancine. A 20 mètres de haut, elle démonte l’engin et je m’apprête à la redescendre mais rien, rien ne se passe. La drisse est bloquée ! Je cours d’un winch à l’autre, d’un bloqueur de cames à l’autre, rien n’y fait. Sabine reste suspendue et commence à s’énerver méchamment. Elle m’engueule copieusement. Je ne sais plus que faire et court sur les pontons chercher de l’aide. J’en trouve en la personne de Fabrizio, en l’occurrence le co-skipper du célèbre « schooner America ». A deux, nous arrivons à décoincer la drisse et à descendre Bibine dont les jambes tremblent comme des claquettes. Je répare la girouette mais évidemment Sabine ne veut plus remonter…et me dit d’aller trouver quelqu’un d’autre pour faire le singe en haut du mât.
    Je ne trouve personne. Finalement, elle veut bien remonter si Fabrizio vient aider (il est même pas beau) pour la sécurité. Et hop tout est remonté et cela fonctionne sauf que ça bloque de nouveau !
    Sabine devient folle et moi je commence à paniquer jusqu’au moment où je m’aperçois que j’ai oublié d’ouvrir la came de la balancine…ouf ! Je demande à Fabrizio de n’en rien dire.
    Le Mistral arrive et je fais des pieds et des mains pour changer de place. Requête acceptée mon capitaine. On y sera mieux d’autant plus qu’un immense front froid arrive. Ecoutez bien, il va pleuvoir sans discontinuer durant 48 heures !

    Sardaigne - juin 2019


    Cagliari n’est pas Palerme. La vielle ville est plus jolie vue du large que de l’intérieur. Rustique, plutôt sale et encombrée, elle est pourtant authentique et typiquement sarde. Déjà, les automobilistes semblent moins fous qu’en Sicile et s’arrêtent même parfois pour nous laisser passer sur les piétonniers.
    Lorsque nous allons au centre distant de 2 km, nous empruntons une belle piste cyclable qui amène  à la Via Roma et son dédale de petites rues où fleurissent les restaurants. Nous voulons manger typiquement sarde. Nous choisissons « Amentos », un resto rustique à l’image de l’accueil de la « mamma ». Nous avons vite compris, et cela s’est confirmé par la suite, que les Sardes ont souvent un visage fermé de prime abord mais qu’au fond, ils sont extrêmement bienveillants.
    On nous apporte du cochon de lait et du sanglier préparé à l’ancienne. Le résultat est détonnant. Goûtu, dirons-nous…
    Pour atteindre le centre historique et le Castello, il faut crapahuter car les 2 ascenseurs sont hors service. On grimpe donc vers le Duomo, la belle cathédrale (encore une) et la Piazza Palazzo.
    C’est assez joli.

    Sardaigne - juin 2019
    un resto typico-rustico

    Sardaigne - juin 2019

    Sardaigne - juin 2019

    l'ambon de Guiglielmo dans le Duomo

    Sardaigne - juin 2019

    le bon roi René


    Le lundi, la dépression est passée et nous louons une voiture pour visiter le Sud-Ouest Sardaigne. Première étape : le site archéologique de Nora. La visite guidée y est obligatoire et elle a lieu en italien. Pas le choix. Heureusement, la guide parle bien et pas trop vite et nous comprenons 75 % des explications.
    Jusqu’en Sicile, nous ressentions fort les apports et les échanges des civilisations grecques.
    En Sardaigne, ce sont plutôt les Phéniciens, les Puniques, les Espagnols et les Romains qui ont laissé des traces.
    Nora offre une séduisante balade dans l’histoire. Cette ville a été fondée vers 700 av. J.-C. par des marchands phéniciens qui revenaient de la péninsule Ibérique. C'est à Nora qu'a été découverte la fameuse tablette, datant de cette époque, qui mentionne pour la première fois le nom de Sardaigne.
    Les mosaïques sont belles et en bon état car elles ont été taillées dans des pierres naturelles de couleurs blanche, ocre et noire et ont donc bien résisté à l’usure du temps.

    Sardaigne - juin 2019

    le site de Nora vu de la mer

    Sardaigne - juin 2019 Sardaigne - juin 2019

    Sardaigne - juin 2019


    La Sardaigne est également connue pour ses grottes. Nous décidons de visiter la « grotte is Zuddas » près de Santadi. Là aussi, visite guidée obligatoire mais en anglais cette fois. C’est tout de même plus facile pour nous.
    C’est un réseau complexe de cavités karstiques et dolomitiques. Les plus anciennes. Cette grotte se démarque des autres grâce à une salle couverte de délicates aiguilles d’aragonites.
    Magnifique.

    Sardaigne - juin 2019Sardaigne - juin 2019

    Sardaigne - juin 2019

    Exclusif : les aragonites


    Nous poussons jusqu’à la ville d’Iglesias, très bien notée par le Routard. Bof, bof, bof nous sommes un peu déçus. Du coup, nous allons nous asseoir à une terrasse pour déguster un verre de Marsala, autre spécialité sardo-sicilienne. Je demande le prix avant de commander pour ne pas se faire avoir comme à Noto où le minuscule verre de dégustation nous avait été facturé 7 euros. Ici, c’est 2,50
    euros et c’est servi dans un verre à vin rempli ! C’est trop et je demande au serveur-patron si je peux avoir de la glace.
    Eh bien non. Non, non, pas question. Il est affirmatif, il ne veut pas m’en donner et m’explique en italien que cela va gâcher son marsala. Il est tellement persuasif que je n’insiste même pas.

    Sardaigne - juin 2019

    la fameuse terrasse : non, non pas de glaçons


    Bon, revenons aux choses sérieuses. Nous sommes mardi et nous n’avons aucune heure de rendez-vous pour le grutage. Il faut être en stand-by...
    On nous sort à 11h30 avec 15 kn de vent. Idemo se balance dans les sangles…
    Le mécano ne connaît pas bien notre accouplement VETUS et a bien du mal à désaccoupler l’arbre d’hélice et à le remettre aussi d’ailleurs. Du coup, on nous remet à l’eau vers 15H00 avec 25 kn de vent !
    Je fais un test pour regarder s’il n’y a pas de fuite mais le vent est tellement fort que j’ai l’impression que le moteur à un problème, on n’avance pas. On verra plus tard, il faut maintenant se ré-amarrer…

    Sardaigne - juin 2019

    Carloforte

    Sardaigne - juin 2019


    Nous quittons Cagliari. 30 nm jusqu’à Malfatano. Beau mouillage. RAS pour une fois.
    Le 4 juin, nous arrivons à Carloforte sur l’île de San Pietro au SW de la Sardaigne.
    Boum. Coup de cœur. C’est joli comme tout en plus ce W-E c’est la fête du thon, grande spécialité du coin. Durant 2 jours, on va s’en mettre derrière les oreilles. Tono à la Carlofortina, Tono burger, Tono mariné aux herbes et j’en passe. Le tout dans une ambiance de folie avec une scène accueillant divers groupes dont les basses nous font craindre une nuit blanche. Ouf, tout s’arrête à 23H00.
    L’île de San Pietro est le théâtre d’une tradition de pêche spectaculaire maisassez cruelle : la « mattanza ». Les pêcheurs installent un système sophistiqué de filets de pêches qui dirige progressivement les bancs de thons rouges, au moment de la migration vers les zones de frayage en mai-juin, vers différentes chambres(nasses) qui aboutissent à la fin du parcours à « la camera del morte », la chambre de la mort. Pris au piège, ils sont harponnés, tués et hissés sur les bateaux tandis que la mer prend une couleur rouge sang.
    Carloforte possède aussi des salines de toute beauté. Comme à Cagliari, les flamands roses sont légion.  Nous faisons le tour du site à vélo en observant, parfois de très près, toute cette faune et cette flore particulière avant de rejoindre une des nombreuses plages où nous effectuons notre deuxième plouf de la saison.

    Sardaigne - juin 2019

    Sardaigne - juin 2019

    Sardaigne - juin 2019

    le système sophistiqué de la "matanza". A gauche, en vert, la chambre de la mort

    Sardaigne - juin 2019

    les salines et Carloforte en arrière-plan

    Sardaigne - juin 2019

    Sardaigne - juin 2019


    Ce soir, le groupe musical est meilleur que celui de la veille. Il se nomme Minus One et vient de Chypre. Il y avait longtemps que je n’avais pas vu Sabine se trémousser ainsi…


    Lorsque le concert s’achève, nous rejoignons notre guinguette favorite pour quelques «  Affligem », une bière d’abbaye belge servie au fût...
    Sur la route du retour, je vois Sabine bondir vers un homme pour lui dire, plutôt lui crier :
    YOU ARE VERY GOOD ! GO ON ! (vous êtes très bon, continuez). Et l’homme lui répond, quelque peu effrayé : YES, I’LL DO IT (oui, je le ferai)
    A l’heure actuelle, le chanteur du groupe Minus One doit toujours se demander ce qui lui est arrivé…avec cette groupie quinqua légèrement éméchée…
    Retour à la loi de Murphy : la loi de l’emmerdement maximum. C’est maintenant le générateur (groupe électrogène) qui démarre pour s’arrêter après quelques secondes. Je soupçonne une entrée d’air dans le circuit diesel. Je vous passe les détails mais sachez que j’ai travaillé dessus une dizaine d’heures réparties en plusieurs jours. J’ai remplacé des durites, j’ai resserré toutes les jonctions, purgé les filtres, les décanteurs et même les injecteurs.
    Tant pis, ras le bol, on part, on se passera du groupe.
    Le premier mouillage, cala domestica, est de toute beauté, enserré entre les falaises.

    Sardaigne - juin 2019


    Le lendemain, navigation de folie au travers-petit largue avec un vent furieux de 6-7 beaufort, heureusement sans trop de mer avec ce zéphir venant de terre.
    Nous sommes donc propulsé jusqu’aux eaux peu profondes du cap Mannu.
    Au petit matin, quelle n’est pas notre surprise d’être plongé dans un brouillard extrêmement dense.
    Le rivage est invisible…Visibilité 50 mètres maxi, nous avons peur de prendre un des nombreux casiers ou filets dans l’hélice. Nous patientions mais cela ne se lève pas. Alors nous décidons d’y aller à vitesse réduite avec le radar qui n’a plus servi depuis des lustres. Oh miracle, il fonctionne.
    Nous arrivons à Bosa et embouquons le fleuve Temo pour notre deuxième coup de cœur sarde.
    Le décor est vraiment splendide, un mélange de paysage marin et de paysage campagnard avec quelques vertes collines en arrière-plan.

    Sardaigne - juin 2019

    Bosa et le fleuve Temo  vus du château


    Personne pour nous accueillir à Porto di Bosa et une seule place de libre, convenant à des bateaux de 10 mètres. Le voisin, un allemand, est quelque peu inquiet en voyant arriver le gros Momo mais vient gentiment nous aider.
    Un chausse-pied, un peu de vaseline, une entrée dans la place genre suppositoire et le tour est joué. Les défenses sont écrasées et je demande tout de même à Wolfgang si cela lui convient. Il est sympa, nous restons. J’ai encore un peu d’énergie et je reprends tout à zéro en début d’après-midi avec ce p…..de groupe électrogène. Il y a du diesel partout, une odeur écoeurante à faire vomir mais rien à faire, il ne veut rien entendre. Je jette les armes à 19H00. Il y a, paraît-il, un bon mécano qui devrait venir demain après-midi vers 14h30, heure sarde. Vous savez, celle qui ressemble à l’heure grecque !
    Wolfgang nous conseille la meilleure pizzeria du coin « Nova costa » juste à droite du pont automobile en venant de la marina.  Effectivement, c’est la meilleure pizza qu’on ait dégusté de notre longue vie. Comme quoi, même si c’est un plat simple, il y a pizza et pizza…
    Nous avons donc quartier libre la matinée du lendemain pour visiter la ville de Bosa. On peut y aller  à vélo mais nous choisissons l’annexe pour remonter le fleuve sur 2 km.
    Nous avons l’étonnante impression d’entrer dans une carte postale avec ces maisons aux couleurs pastels et ces palmiers vigoureux. Le tout est dominé par un fier château, le Castello Malaspina.
    Sur l’autre rive, une longue enfilade d’anciennes tanneries dont certaines sont réhabilitées.
    C’est bucolique à souhait.

    Sardaigne - juin 2019

    Sardaigne - juin 2019

    les anciennes tanneries

    Sardaigne - juin 2019

    Sardaigne - juin 2019


    On se balade sur le corso Vittorio Emanuele II avant de prendre un capuccino. Sachez que si vous buvez un capuccino après 12-13h00, vous êtes considéré comme un touriste indécrottable…
    En discutant avec la serveuse, nous apprenons que ce W-E a lieu la « festa del vino ».
    Chouette, encore une fête !
    Il faut savoir que Bosa est réputé pour son « Malvasia », un vin doux que l’on élabore également du côté de Madère.

    Sardaigne - juin 2019

    Sardaigne - juin 2019


    Nous grimpons jusqu’aux remparts du château d’où l’on jouit d’une vue à couper le souffle.
    A 14h30, j’ai déjà tout préparé pour la venue du mécano qui n’arrivera que vers 17H00…
    En attendant, comme je suis plus têtu qu’une moule sur son rocher, je continue à m’escrimer sur le groupe, toujours sans succès. Je me demande bien ce que le mécano va faire de plus que moi…d’autant plus qu’il ne parle que l’italien. Ca va être facile de lui dire tout ce que j’ai déjà fait.
    En fait, je n’ai rien expliqué. Pas besoin. Il est resté 10 minutes et le groupe fonctionnait. 10 minutes !
    10 minutes contre 10 heures. L’humiliation suprême !
    Et en plus, il ne veut pas être rémunéré. Je suis content malgré tout et lui offre 2 bières de Grèce.
    Du coup, nous sommes tout ragaillardis pour participer à la fête du vin. Le principe est simple : pour 15 euros, on reçoit un verre sérigraphié, un porte-verre et 6 coupons de dégustation. Les 3 premiers stands ne nous ont rien demandé. Faites le compte.
    C’était une belle soirée.
    Le temps caniculaire est installé. 36 ° C à l’ombre. Obligation d’aller se baigner dans une eau qui elle, est toujours très fraîche. Nous passons devant un club de plongée. Hormis une seule plongée en 2014 à Leros, je n’ai plus plongé depuis 2011 ! Ca me titille.
    En suis-je encore capable ? Allez go, malgré un léger stress, rendez-vous est pris pour le lendemain matin.
    Sabine ne le sent pas. Je demande à la responsable si ma combi de 5 mm est suffisante.
    Elle me dit : tuto bene !
    La plongée s’est très bien passée, j’ai retrouvé tous mes automatismes et mes sensations. La plongée  était même assez jolie pour la Méditerranée avec des canyons et des arches. Par contre, question faune, nous n’avons rien vu à part une petite murène. La Méditerranée ressemble de plus en plus à  une mer morte.
    Et puis, 45 minutes dans une eau à 17°C, probablement moins en profondeur, avec une combi de 5 mm c’est pas fait pour les chochottes…

    Sardaigne - juin 2019 Sardaigne - juin 2019


    Il est 12H00, le vent est bon et la ville d’Alghero est à seulement 20 nm. Nous nous ancrons derrière la digue du port où il doit y avoir une cinquantaine d’embarcations à moteur au mouillage. Il faut dire que nous sommes dimanche et qu’il fait très chaud. Le soir, nous serons tout seul.
    Il y a eu de l’orage pendant la nuit. Lundi matin, il fait gris et nous avons perdu 16°C !
    Alghero est encensé par les guides. C’est vrai que c’est joli, la promenade sur les remparts et cette influence catalane que l’on retrouve dans certains palais du centre médiéval et de la vieille ville.
    Alghero est une des principales stations balnéaires de l’île et est forcément très touristique.
    C’est aussi la capitale de l’exploitation du corail rouge qu’il faut maintenant aller chercher à plus de 100 mètres de profondeur et dont les bijoux rouges ornent les joailleries d’Alghero.
    Dans la mythologie grecque, Méduse était la plus belle des 3 sœurs Gorgone. Poséidon en tomba amoureux et l’emmena dans le temple d’Athéna. Furieuse, celle-ci transforma Méduse en monstre coiffé de serpents. Le jeune Persée lui trancha la tête. Ainsi, le sang de Méduse se répandit dans toute la Méditerranée et se transforma en corail rouge…
    On en revient toujours à la Grèce !

    Sardaigne - juin 2019

    Sardaigne - juin 2019

    Sardaigne - juin 2019

    le drapeau sarde

    Sardaigne - juin 2019

    Sardaigne - juin 2019 Sardaigne - juin 2019


    Le mouillage devient rouleur avec ce vent de Sud d’un bon 20 kn et nous quittons à 16H00 pour une toute petite nav de 9 nm sauf que nous avons un peu sous-estimé l’état de la mer (beurk) et les nombreux casiers quasi invisibles qui ont parsemé notre route.
    Nous sommes maintenant dans la grande baie de Porto Conte tout au Nord-Ouest de la Sardaigne.
    C’est un parc protégé et il y a des corps-morts d’amarrage. Nous prenons une bouée. Cinq minutes plus tard, on vient nous dire que c’est « privé ». OK on dégage et on se met à l’ancre juste à côté. Dans la baie, il y a 2 pontons ou nous pourrions amarrer l’annexe, on va demander et on nous répond, c’est « privé ». Si vous voulez c’est 5 euros par heure…Du coup, on va mettre l’annexe à la plage. A la plage justement, il faut payer les boissons, le transat, le parasol et même la douche froide… En Grèce, on avait tout cela pour l’équivalent d’une consommation.

    Sardaigne - juin 2019
    Tamaraglio dans la baie de Porto Conte

    Sardaigne - juin 2019

    Capo Caccia


    Nous ne regrettons aucunement notre départ de Grèce car nous avions quasiment tout visité et avions l’impression de tourner en rond. De plus, nous avons vraiment  eu du bon temps( pas le temps météo), de belles découvertes et rencontres en Calabre, en Sicile et en Sardaigne.
    Cerise sur le gâteau, il y a moins de bateaux et surtout moins de bateaux de location et de charters. On respire…
    N’empêche, la Grèce est un pays de Cocagne en Méditerrannée.

    Nous avons beaucoup aimé la Sardaigne, enfin la partie que nous avons visitée. C’est resté très authentique, les paysages sont superbes et les gens bienveillants malgré une première approche un peu rude, un peu comme en Grèce. En outre, il y a de très bons produits locaux : fromages, salaisons, vins etc…
    Un vrai coup de cœur.

    Sardaigne - juin 2019

    un appro typiquement sarde



    Demain vers 6H00, départ pour les Baléares qui se trouvent 200 nm à l’Ouest. Je ressors mon « assimil » d’espagnol bien usé par notre tour dans le monde…
    Les conditions ne sont pas optimales, pas trop mauvaises non plus, pensons-nous mais nous n’avons pas trop le choix car qui sait quand aura lieu la prochaine «  fenêtre météo »…
    Hasta pronto. Que todo vaya bien.

     

    Petit ajout : Les prévisions de vent étaient conformes mais pas l’état de la mer…nous venons d’arriver à Minorque après 30 heures de navigation difficile avec une grosse mer désordonnée.
    Voici quelques images prises au moment où c’était le moins pire car il était extrêmement compliqué de faire quoique ce soit sur le bateau et certainement de filmer…


    Ami navigateur : la côte Ouest a la réputation d’être plus difficile que la côte Est (+ de vent et + de mer). Probablement, mais elle est aussi de toute beauté et très authentique et il y a tout de même de quoi s’abriter en cas de coup dur.
    Poetto : très bon mouillage devant une immense plage de sable bondée les WE et en juillet-août.
    Cagliari : 2 marinas centrales (chères) et 3 marinas à 2 km du centre. A « marina del sole », nous avons payé 170 euros/7 nuits.                                                                                                                                Capo di Pula : On peut mouiller des deux côtés du Cap pour aller visiter le site de Nora mais il semble que le débarquement en annexe sur la plage soit plus facile côté est. (Nous n’avons pas pu y aller pour cause de vent fort)
    Malfatano : belle échancrure sur la côte Sud. Bien protégé.
    Carloforte : 3 marinas mais je vous recommande « marinatour ». 105 euros/3 nuits
    Cala Domestica : superbe mouillage abrité de tous vents sauf ceux du Nord
    Cap Mannu : l’arrivée est un peu stressante car il n’y a pas beaucoup d’eau. Selon le vent, on peut trouver refuge soit au Nord de la presqu’île soit au Sud.
    Porto Bosa : bien abrité dans la rivière et des catways ! 99 euros/ 3 nuits
    Alghero : le port est grand et possède de nombreuses marinas. Il y a aussi un quai public payant. Nous avons été au mouillage au Nord du port.
    Porto Conte : quelque que soit le vent, vous trouverez un abri. La 1ére nuit, nous étions mouillés devant le village par 4-5 m. Très bien.
    Puis, à Cala Tramariglio. Très joli. Attention, les bouées sont privées. Nous sommes à l’ancre juste à côté.

    Porto Conte le 11 juin 2019

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  • Sicile : partie 2

    Cliquez sur les photos pour les agrandir

             Par Sabine                         

    Détroit de Messine

     

    C’est presque avec soulagement que nous quittons le mouillage « rock and roll » de Taormina au lever du jour c’est-à-dire à 5h30.

    Comme dit Cap’tain René : « pas la peine de se fatiguer à essayer de dormir ! »

    En route pour le détroit de Messine ! Nous devrions le passer dans de bonnes conditions : pas trop de vent, pas trop de courant, en tout cas si l’on en croit les « grib files » et le site italien http://www.correntidellostretto.it/.

    Le plus grand danger dans ce rétrécissement légendaire entre la Sicile et la côte italienne de Calabre, est bien entendu de se retrouver avec un vent fort contrecarrant un courant inverse mais il faut se méfier aussi des fortes rafales qui dévalent des hautes terres de chaque côté du détroit. Se rajoute à cela une différence de température  et de salinité entre les eaux de la mer Ionienne et celles de la mer Tyrrhénienne qui lorsqu’elles se télescopent provoquent des remous considérables, les « bastardi », des mascarets, les « tagli » et des tourbillons ! Bof, bof, bof ….

    Quand je regarde la carte et me rends compte qu’à la partie la plus étroite du détroit le patelin bâbord s’appelle Charybde et qu’en face il y a Scylla ! Re bof, bof, bof….

    C’est Homère qui me fait flipper aussi, avec ces deux monstres marins de la mythologie grecque que dût affronter Ulysse ! Charybde représente celle qui aspire, et Scylla, celle qui vomit.

    Je ne sais pas trop quel côté choisir !

    Mais trêve de fabulations, tout se passe pour le mieux, le temps est clément et on s’émerveille devant la majesté d’un magnifique vieux gréement à 5 mâts, le Royal Clipper, qui glisse toutes voiles dehors vers la mer Ionienne quand le nom d’Idemo nous parvient par VHF. Oui, oui, c’est bien nous que le centre de contrôle maritime du détroit appelle. Le coastguard de stretto di Messina demande gentiment à René s’il connaît les règles de trafic dans le détroit parce que là il navigue quand même au milieu des deux rails et qu’un cargo arrive à 26 nœuds ! Pas de problème, on était un peu distraits, on sort du rail à toute vitesse pour laisser passer le cargo en évitant les ferrys qui font des va-et-vient incessants entre les 2 rives. Il n’y a plus qu’à espérer qu’on ne  tombera pas de Charybde en Scylla !
    A la sortie nous croisons 2 bateaux de pêche à l’espadon avec leur vigie perchée à plusieurs mètres pour repérer le poisson dans les eaux tumultueuses. Plus que trente miles pour arriver à Vulcano dans les îles éoliennes.

     

    Le Royal Clipper
    le Royal Clipper

    Les Eoliennes


    le Stromboli

    Vulcano

     

    Comme l’Etna s’était refusé à nous pour cause de météo polaire, nous avions tout de même envie d’escalader un volcan et Vulcano nous semblait la meilleure opportunité puisque nous pouvions mouiller à ses pieds. Comme le vent venait de l’est c’est tout naturellement que nous sommes allés chercher un ancrage dans la baie ouest de l’île. Comme la houle, elle, venait de l’ouest et faisait rouler les bateaux en diable, nous n’avons pas posé l’ancre là. Comme nous étions très fatigués de notre longue journée, nous avons donc mouillé, contre toute logique dans la baie Est exposée au vent mais protégée de la houle ouest, avec l’étrave pointée vers le large. Basta pour aujourd’hui, on fera de la logique demain ! Finalement la nuit fut confortable et c’est requinqués que nous sommes partis à l’assaut de Vulcano. Après 1h 30 d’escalade nous sommes arrivés au bord du cratère bordés de fumerolles avec une vue magnifique sur les îles, l’Etna enneigé au sud et le Stromboli fumant au nord. C’est clair, nous sommes dans une zone de rencontre entre 2 plaques tectoniques et nous nous trouvons apparemment sur le volcan le plus vicieux de la série puisqu’il a la particularité de ne pas éructer régulièrement et donc de constituer une menace certaine d’éruption subite et violente. Pour l’heure seules quelques fumerolles s’échappent de la bordure du cratère distillant leur odeur pestilentielle de souffre transformé en acide sulfurique au contact de l‘air. Mais l’odeur ne nous empêche pas d’admirer le panorama magnifique sur la presqu’île de Vulcano, les îles voisines et les Faraglioni, ces deux rochers pointus émergeant des flots dont on raconte qu’il s’agit des doigts d’Eole qui se sont solidifiés comme pour nous rappeler que nous ne sommes que tolérés dans son domaine.


    en toile de fond, les 2 mouillages : Ponente et Levante


    Après l’escalade du volcan, il nous semble avoir le droit de profiter des bains de boue et de pouvoir enfin nous baigner dans la mer chauffée par des colonnes de bulles d’air chaud.
    Ainsi dit, ainsi fait, équipés de nos plus vieux maillots, irrécupérables après une trempette dans les boues sulfureuses, nous nous vautrons dans une « michmach » puante et chaude aux vertus thérapeutiques. Au bout d’un moment, nous pensons être à moitié dissous et nous plongeons dans la mer blanchâtre à la recherche des sources de chaleur. L’odeur commence à devenir écoeurante et même après plusieurs bonnes frictions sous la douche notre peau va garder ce sublime fumet d’œuf pourri pendant plusieurs jours, histoire de garder un souvenir tenace de Vulcano.

     

    Panarea

    Petite perle d’île, verdoyante et fleurie, sertie de maisons blanches cycladiques et entourée d’une eau limpide ponctuée de quelques rochers volcaniques. Nous avons trouvé une petite anse dans laquelle nous avons mouillé, en portant, non sans mal, des amarres à terre, histoire de faire face à la houle omniprésente (l’expérience gréco-turque vient toujours à point !) Un coup d’annexe, et nous voilà trottant sur un petit chemin zigzaguant entre des bouquets exubérants de fleurs et de plantes, et des maisons à la blancheur éclatante. Ici la saison n’a pas encore commencé, tout le monde s’affaire à peindre et à rafraîchir les habitations qui seront louées dans quelques semaines. Nous nous sentons privilégiés de pouvoir profiter des charmes de Panarea avant que la foule d’été n’envahisse ce petit bijou.
    On pousse la balade jusqu’à la pointe Milazzese tout au sud pour profiter de la vue et photographier Momo ancré juste en dessous des quelques vestiges de l’âge de bronze.

    Lipari

     Nous devons quitter notre petit écrin pour cause de coup de vent, encore un ! Nous faisons un petit détour par Salina où nous mouillons à l’entrée du port de Santa Marina. Nous nous renseignons sur le prix de la nuit pour notre bateau : 80 euros ! Le port est quasiment vide, allez savoir pourquoi ! Nous ne logerons pas là pour le coup de vent d’autant plus que la petite ville ne nous semble pas d’un attrait fulgurant. Seuls les chemins de randonnées présentent quelque intérêt.

    Nous passerons donc 3 nuits à la marina di porto Pignataro de Lipari pour un prix négocié. Accueil en français, marineros compétents, bonnes douches. Seul hic, pour se rendre en ville, il faut marcher 1,5 km sur la route étroite en corniche assez fréquentée par des conducteurs…..italiens, bien sûr.  C’est donc au péril de notre vie que nous rejoignons la capitale des Eoliennes. Le centre historique, le Castello, cerclé de remparts est perché sur une acropole tombant dans la mer. De part et d’autres un port, au sud le petit port de pêche avec ses barques colorées et ses terrasses, au nord, la rade dans laquelle arrivent les ferries et les bateaux de croisière. Et autour la petite ville de Lipari avec ses 2 artères principales dédiées au tourisme et ses ruelles typiques dont nous aurons assez vite fait le tour. Pour les amateurs de gelati, excellentes glaces maison au bout du vieux port au pied de l’église San Guiseppe.

     

    Ami navigateur : nous n’avons pas trouvé vraiment de bons mouillages. La houle y pénètre toujours.
    Nous avons fini par nous ancrer avec des amarres à terre pour faire face à l’onde.
    Il faut faire très attention aux ballets incessants des NGV (navire à grande vitesse) qui sillonnent l’archipel sans discontinuer.

     

    Côte Nord Sicile

    Le vent va tourner, le mauvais temps revient s’installer pour quelques jours, il est temps pour nous de rejoindre la côte nord de la Sicile et de chercher un abri pas trop onéreux. Nous croyons avoir trouvé notre bonheur dans le port en construction de Santa Agata di Militello. Cela fait plusieurs années qu’il oscille entre l’abandon et la suite de la construction mais sa grande digue constitue un abri parfait même si le décor n’est pas des plus pittoresques. Quelques jours auparavant un voilier français s’y était arrêté et avait laissé un commentaire positif sur Navily. C’est donc après une navigation au près serré, comme de bien entendu, que nous mouillons à 18h dans ce fameux port. Des grues sont au travail, un quai est déjà occupé par une flotille de pêche, nous mouillons donc du côté droit de la grande darse pour ne gêner personne. Un autre voilier français mouille pas très loin de nous.

    Allez, hop, une petite douche, la tenue relax et les pantoufles, pour profiter de l’apéro bien mérité. A peine avons-nous bu la première gorgée et avalé les premières cacahuètes, que nous voyons l’embarcation de la guardia costiera aborder l’autre voilier et le voilà venir droit sur nous. Oups, ça ne sent pas bon ! Je sors, en pantoufles, pour voir ce qu’ils nous veulent : nous ne pouvons pas rester là, le port est en travaux. J’invoque un capitaine malade, mais rien n’y fait, nous devons dégager. Ah, au fait, ils allaient oublier : Bienvenido !

    Nous voilà donc forcés de reprendre la mer à 19 h, sous  un ciel noir menaçant, en pantoufles ! Nous n’avons d’autre choix que la marina très luxueuse de Capo Orlando à 90 euros la nuit. Heureusement René s’était renseigné sur les prix et avait repéré une promotion « 2 nuits payées, la troisième gratuite ». C’est donc à toute berzingue que nous fonçons vers la marina pour arriver avant la nuit et avant le grain qui menace avec un vent qui n’arrête pas de forcir. Raté, nous nous ferons doucher et serons amarré dans l’obscurité. Nous aurons tout juste le temps de sympathiser avec nos compagnons d’infortune.

    Nous voilà donc pour 3 nuits dans cette marina super bien aménagée : douches grand luxe, supermarché intégré, quais sécurisés, palmiers et cocotiers. Le temps est pour le moins instable et relativement frais pour la saison mais cela ne nous empêchera pas de prendre le train local pour une journée de visite à Cefalu .

     

    Cefalu                                       
                                         Par René

    Archétype de la carte postale, Cefalu est posé sur un roc vertigineux coiffé de remparts et coincé entre les flots bleus. On ne peut pas dire que ce soit le grand beau mais en tous cas il ne pleut pas, au contraire du Capo d’Orlando. Mais il fait frais, très frais. La Sicile est sous l’influence d’un vortex polaire et la température ne dépasse pas les 14° C !
    Nous apprenons qu’une amie a 24°C en Ecosse !
    Evidemment, et même en cette mi-mai, Cefalu est une destination touristique prisée. Il y a déjà du monde qui arpente ses belles ruelles pavées et qui admire la somptueuse cathédrale normande.
    Nous décidons de gravir « La Rocca », le rocher où se dresse les vestiges de la forteresse et où l’on bénéficie, d’après le guide, d’une belle vue plongeante. Hélas, après avoir monté quelques paliers d’escaliers, nous trouvons porte close et une affiche qui explicite la fermeture suite aux dangers d’éboulement dus au mauvais temps des derniers jours…
    En guise de compensation, nous déjeunons au « Chat Noir », un resto recommandé par le routard.
    Très, très bon !
    Tout cela mérite une petite sieste à l’abri du vent sur un banc posé près du vieux port, le seul endroit resté authentique.


    le Duomo


    le vieux port

    70 nm nous séparent de la capitale sicilienne, Palerme, que nous rejoignons en slalomant entre les nombreux casiers.

     

    Ami navigateur : il existe très peu de bons mouillages (sauf par grand beau temps) sur la côte Est et Nord de Sicile. Il faut donc se replier sur les « marinas » et elles sont très chères même en cette saison. Je ne vous dis pas en juillet-août…

     

    Palerme

    Pas de mouillage ici. Il faut obligatoirement rejoindre une « marina », un ponton en quelque sorte.
    Nous choisissons « Si.Ti.Mar ». L’avantage c’est que nous sommes directement en centre-ville.
    Pour être franc, il ne faut rater Palerme sous aucun prétexte !

    S’y sont succédé : Carthaginois, Grecs, Romains, Vandles, Byzantins, Arabes, Normands, Souabes, Angevins, Aragonais, Espagnols, Autrichiens et Bourbons. Excusez du peu !
    Et tout cela a donné un étonnant mélange architectural.
    Paradoxale, la Palerme d’aujourd’hui ne semble pas avoir changé : superbe, mais meurtrie par les ravages de la dernière guerre, grouillante de vie dans ses quartiers populaires jusque dans ses délires baroques. Vous pourrez l'aimer ou la détester, mais jamais elle ne vous laissera indifférent.


    la cathédrale


    Avec ses 80 églises, ses 50 palais, ses 4 marchés typiques, ses 720 000 habitants, son urbanisation anarchique, ses embouteillages, ses ordures exposées au soleil, sa délinquance, c'est une ville à la violence symbolique éclatante, toujours surprenante et tellement fascinante !
    Attention, ici un passage piétonnier ne veut rien dire. Les véhicules passent même lorsque le feu est au rouge. Il vaut mieux se fier à sa vue et à son instinct…
    Tout est grandiose à Palerme mais nous retiendrons particulièrement les exceptionnelles mosaïques byzantines ainsi que la cohabitation des rites chrétiens et orthodoxes de la Chiesa di Santa Maria dell Ammiraglio, appelée aussi église de la Martorana.


    admirez la juxtaposition de l'ordre chrétien et orthodoxe


    Les Quattro Canti, le nombril de la ville, symbolise les quatre vents, les quatre saisons. Cette place divisait autrefois la ville baroque en 4 grands quartiers. Quatre bâtiments à façade concave, d’ordre dorique, ionique et corinthien se succèdent sur 3 niveaux.


    c'est dimanche                                                    un des 4 côtés


    la fontaine Pretoria


    Juste à côté, la Piazza Pretoria est dotée d’une grande fontaine de marbre datant de 1555.
    Le Palazzo dei Normanni, un édifice arabo-normand dont l’entrée est chère et où il faut faire une queue interminable pour entrer dans la Cappela Palatina (chapelle Palatine), le point d’orgue de cette visite du palais royal devenu à présent le siège du parlement sicilien.


    la salle du parlement sicilien


    entrée de la chapelle Palatine


    au plafond, les stalactites de bois d'inspiration musulmane


    Moins connu est le Palazzo Steri aux airs austères de demeure fortifiée, occupé désormais par l’université. Nous aurons la chance d’avoir une guide pour nous tous seuls et s’exprimant en français pour la découverte des prisons de l’Inquisition. Nous explorons avec émotion les cellules aux murs recouverts des dessins des prisonniers forcés de dessiner des représentations religieuses. C’était vraiment une période maudite.
    La guide nous fait découvrir également une peinture célèbre La Vucciria Palermo réalisée par
    Renato Guttuso en 1974 dont la particularité est le manque de perspective.

    les cellules de l'Inquisition


    Remarquez l'absence de perspective qui renforce la sensation de densité

    Nous y sommes restés 3 jours, nous aurions pu y rester une semaine. Mais l’excès nuit en tout et après avoir trié et mené tambour battant nos visites, nous avons soudainement eu besoin de délaisser les palaces, les églises, les musées.
    Nous avons besoin de nature, de mouillages forains, de balades.
    Restait à notre planning les îles Egades, à l’ouest de la Sicile. L’intérêt principal de ces îles est de profiter des eaux limpides sauf que l’eau est encore très fraîche. En outre, cette zone est considérée comme réserve marine et il faut s’acquitter (encore) d’une taxe journalière de 15 euros.
    Nous décidons donc de zapper les îles Egades pour aller voir si l’eau est plus bleue (et moins chère) en Sardaigne…

    Ami navigateur : A Palerme, vous aurez le choix entre différents pontons (des concessions). Nous avions d’abord contacté Salpancore qui semblait être le mieux placé. Il nous a répondu que c’était 70 euros /jour sans douche, sans toilettes et qu’il fallait arriver avant 15H00…Comme nous avions 70 nm à naviguer…
    Nous avons choisi Sitimar qui semble être la meilleure solution parmi les 4 concessions. Proche du centre mais sans trop de bruits et bien surveillé. N’oublions pas, nous ne sommes plus en Grèce ici.
    160 euros/ 3 jours. 

     

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  • Sicile P1

    Nous n’avions pas le choix. Il fallait y aller.
    Soit nous tentions une sortie ce vendredi 26 avril 2019 soit il fallait attendre le mercredi suivant.
    Météo oblige. Je m’étais renseigné auprès du patron, des marineros et des habitués du port sur la tactique à suivre.
    A savoir, tout droit pendant 100-150 mètres avec les déferlantes sur le côté jusqu’à aligner les roches de la plage sur le travers puis virer babord toute pour affronter les vagues de face.
    La mer sur les hauts fonds à l’entrée s’était un petit peu apaisée lorsqu’à 6 h du matin nous embouquons la sortie du port avec une grosse boule dans le ventre et en gardant les fesses serrées. Ce serait vraiment trop con…
    Ouf ! Ca passe… A cause de cette grosse tempête, il subsiste une grosse houle résiduelle, même au large, qui nous malmène vraiment à tel point qu’à un certain moment le pilote décroche complètement. J’ai juste le temps de sauter derrière la barre à roue pour éviter l’auloffée.

    Une petite video avec la vie de bateau, une sortie de port et une nav musclées, Syracuse et Noto !

    Sicile P1

                                                                                                                     descente dans la cave à vin...


    70 nm(130 km) nous sépare de Taormina en Sicile. Vu la houle résiduelle de Sud-Est, nous craignons ne pas être suffisamment abrité pour passer une bonne nuit. A l’approche des côtes siciliennes, nous appelons la marina de Riposto pour connaître le prix. 80 euros la nuit…
    Nous mettons donc le cap sur Acireale où nous arrivons à la fin du jour. Toutes les barques sont à terre car la mer entre dans ce petit port de pêche. Pas du tout engageant.
    8 nm plus au sud se trouve le port de Aci Trezza qui sur la carte semble abrité. Ca c’est en Théorie. Vous ai-je déjà dit qu’un jour j’aimerais aller y vivre…
    De toute façon, le crépuscule est là et le coin est mal pavé, donc nous n’avons pas le choix. Les bonnes places sont déjà prises par les pêcheurs et nous nous amarrons au ponton flottant qui n’est même pas encore relié à la terre ferme. Pas de visite à terre. Pas grave, nous sommes moulus !
    Malgré les amortisseurs mis en place, les vives secousses dues au ressac nous empêchent de dormir vraiment.
    Comme dit Renaud, la plaisance c’est le pied !
    Nous savons que du vent fort est annoncé. Mais il est portant et nous n’avons que 32 nm à naviguer.
    Au début c’est bien, vent 4-5 beaufort qui nous fait atteindre des pointes à 8,5 kn.
    Momo se prendrait-il pour un bateau de régate ?

    Sicile P1 Sicile P1


    Puis Eole commence à se déchaîner pour atteindre 6-7 bft avec une mer qui se creuse très rapidement. Il faut s’harnacher et bien se tenir mais le pilote se comporte bien (je reste tout de même derrière la barre). Syracuse est en vue à 5-6 nm sur notre tribord, il va falloir empanner (virer de bord en passant par vent arrière) …
    Le frein de bôme que nous venons d’installer va-t-il jouer son rôle ?
    Mais oui. Vraiment super cet accessoire ! Vous allez me dire que pour le prix, il peut l’être…
    A l’intérieur de la grande rade de Syracuse, tout se calme et nous rejoignons les 2 seuls autres voiliers au mouillage qui est relativement distant de la ville. A Syracuse, on ne mouille pas où l’on veut…
    C’est dans ce genre de cas que l’on apprécie une bonne annexe et un bon moteur scalpeur(non je ne t’oublie pas même si j’ai pardonné)pour partir au planning.
    A l’instar d’autres lieux hyper touristiques comme Santorin par exemple, Syracuse est un « must »..Un mythe aussi, surtout depuis qu’Henri Salvador l’a si bien mis en lumière. Cette ville chargée d’histoire est incontournable lors d’un voyage en Sicile. Et c’est vrai que c’est super joli et harmonieux, enfin je parle de la vieille ville d’Ortigia blottie sur son île. Eglises baroques, palais somptueux, vestiges grecs, venelles entrelacées, balcons ouvragés…etc
    Ortigia fut fondé par des colons grecs de Corinthe en 734 av.JC. Durant l’Antiquité, c’était la cité-état la plus puissante de la Magna Graecia, l’égale d’Athènes et de Carthage.
    Platon et Archimède y vécurent. C’est peu dire.

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    Avec son étonnant mélange de styles, le Duomo est le bâtiment le plus impressionnant. Sur la même place se trouve la Chiesa di Santa Lucia, une petite église baroque où est accrochée la célèbre toile de Caravage, l’enterrement de Sainte Lucie, patronne de la ville. Le plus agréable dans cette ville est de déambuler dans ces ruelles en passant par exemple par la Piazza Archimède pour rejoindre la le Palazzo Impellizeri orné de masques de lions et d’aigles ou de pousser jusqu’à la fontaine d’Aréthuse, une source d’eau douce à quelques mètres de la mer et bordée de papyrus avec des Ficus Elastica géants.
    Grâce au guide du r…..d, nous réservons une table dans une institution locale de longue date, « Sicilia in tavola ». C’est authentique, typique, très bon et pas trop cher. J’y mange un poisson des profondeurs qui fait la réputation de Madère, le spada ou poisson sabre. Délicieux.

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    Resto Sicilia in tavola                                                place du Duomo un dimanche....

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    On aime bien Syracuse. Il y a des gelaterias à chaque coin de rue et comme nous sommes accros…
    D’ailleurs, la Sicile revendique l’invention de la crème glacée.
    Chaque jour, il y a marché. Typique méditerranéen. De bons produits alléchants. Des thons et des espadons, la spécialité du coin.  Des marchands vociférants. Une ambiance.
    La nouvelle ville est moins intéressante, plutôt sale. Nous poussons tout de même jusqu’au Santuario della Madonna delle Lacrime, un sanctuaire très spécial, un vaisseau spatial à la gloire du béton.
    En 1953, un tableau de la Vierge se serait mis à pleurer. Dans la crypte, on trouve des béquilles et des corsets…de gens qui n’en n’ont plus eu besoin grâce aux miracles de la Vierge.
    Mieux vaut être croyant pour adhérer…

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    Mais il n’y a pas que des bons côtés à Syracuse et plus généralement en Italie.
    Par rapport à la Grèce, tout est plus cher, tout est négociable(un peu fatiguant), en tous cas hors saison. Ensuite, il faut faire attention aux vols ce qui nous avait complètement échappé en Grèce. Notre voisin australien de mouillage vient de se faire voler l’hélice de son moteur hors-bord ainsi que la nourrice d’essence alors qu’il avait remonté son annexe sur les bossoirs !
    Donc, on cadenasse tout : les coffres, le moteur, l’annexe, la nourrice etc…

    En théorie (vous ai-je déjà dit…), nous aurions dû repartir de Syracuse au bout de 2-3 jours.
    Sauf qu’en bateau, un problème qui n’est pas résolu ne s’arrange jamais tout seul. Au contraire.
    L’infime fissure qui, déjà l’année dernière, laissait s’écouler un tout petit peu d’électrolyte et que j’avais oblitéré avec du mastic epoxy a recommencé à fuir très légèrement. Comme nous parlons tout de même d’acide sulfurique et que Sabine a fait un horrible cauchemar en voyant Momo flamber avec nous dedans, j’ai décidé de débrancher et d’isoler la batterie défectueuse. Comme Héléna, la gérante du shipchandler est très efficace et comme nous pouvons avoir, semble t-il, 3 nouvelles batteries dans les 5 jours ouvrables, nous allons donc devenir des spécialistes de Syracuse.
    Pour réaliser ce boulot, il vaut mieux être à un quai. Nous allons donc négocier ( comme souvent en Italie) le prix de notre amarrage au Lakkios yacht club…
    Bon, le ponton est pourri, le port dégueulasse mais plutôt ben abrité car il s’en vient du mauvais temps. Il y a une petite place de libre à côte de nous, idéale pour un monocoque de maxi 30-35 pieds(10-11 mètres). Nous quittons la « marina » l’esprit tranquille et prenons le train pour aller visiter Noto, la capitale baroque de la Sicile. Comme Syracuse, elle est classée au patrimoine mondial. Evidemment, c’est très touristique mais cette ville théâtre, surnommée le " jardin de pierre " ne peut laisser indifférent avec son schéma en échiquier et ces beaux édifices de pierres calcaires qui vieillissent en prenant de belles nuances dorées. Ils sont bien trop nombreux pour tous les citer.

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    le palazzo Nicolaci

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    Nous visitons tout de même l’intérieur du palazzo Nicolaci et ses 90 pièces !
    En respectant l'inclinaison naturelle du sol et la couleur jaune de la pierre locale, les architectes ont créé des espaces tout à fait particuliers, qui font de Noto une ville assez magique.
    A notre retour vers 19H00, quelle n’est pas notre surprise de voir un catamaran de 40 pieds occuper la place qui était vacante. A mon avis, ils l’ont rentré avec un chausse-pieds et de la vaseline !
    Pascal, le proprio est sympa et français. Comme quoi, cela n’est pas incompatible.
    Allez, je plaisante…en pensant à nos nombreux amis français.
    Il nous assure qu’aucun dommage n’a été fait à « Momo ». Impossible de vérifier tellement celui-ci est serré telle une sardine sicilienne…
    Vendredi 3 mai. Nos 3 nouvelles batteries sont arrivées !
    65 kg chacune ! Le ship, distant d’une centaine de mètres, ne livre pas mais fournit un charriot que je peine à pousser jusqu’à la « marina ». 200 kg tout de même.
    Pascal nous donne un coup de main pour rentrer les batteries à l’intérieur.
    Encore une fois, ce n’est pas tellement le boulot qui est compliqué. Par contre, sortir des coffres 3 batteries de 65 kg et en entrer 3 autres a été très difficile pour Sabine et moi. Nos dos ont souffert mais nous avons réussi. Sauf que je n’ai plus la force de sortir les 3 anciennes. Je propose donc à 2 jeunes gars de les récupérer et de m’en décharger.
    J’ai souri en observant la difficulté qu’ont eue ces 2 jeunes gaillards à nous en débarrasser.
    On ne le refera plus !

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    serré comme une sardine                                                 les 3 anciennes batteries soit 200 kg !


    7 mai. Une longue traite de 50 nm nous amène dans la grande baie mal protégée de Taormina.
    On essaie le côté nord puis le côté sud pour revenir du côté nord…
    Partout le mouillage est rouleur. Dommage. Nous n’irons pas visiter.
    Toutefois, c’est probablement de la mer que la vue sur la ville de Taormina, perchée sur des pentes rocheuses escarpées, est la plus impressionnante.
    Demain, le fameux détroit de Messine…

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    Taormina

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    Le géant, l'Etna

     

    Ami navigateur : La rade de Syracuse est grande, très grande. La "guardia costiera" a parfois des humeurs, elle a fait déplacer une dizaine de voiliers qui étaient trop près du rivage alors que nous y étions depuis 2 jours déjà...ensuite d'autres voiliers sont arrivés et la guardia costiera passait devant sans rien dire...
    Si vous avez besoin d'une marina, n'allez pas au quai public ni à la marina dans la rade, vous paierez cher tout en profitant pleinement du bruit et de la musique jusqu'à pas d'heure. Une bonne solution est d'aller au nord, à port Marmareo. Bien sûr, c'est pas le luxe mais vous êtes en centre-ville et le ponton est surveillé.
    La rade de Taormina n'est à pratiquer que par temps calme, et encore.

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